22.05.2010

Kaddish : Allen Ginsberg

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"La clef est dans la fenêtre, la clef est au soleil à la fenêtre- j'ai la clef- Marie-toi Allen, ne prends pas de drogues- la clef est dans les barreaux, au soleil, à la fenêtre. Avec tout mon amour, ta mère"  qui est Naomi - (Allen Ginsberg -Kaddish)


Souvenir d'un soir de décembre 1990, Toulouse était sous la neige et Allen Ginsberg était en ville. Pour une lecture publique. Il avait, pour l'occasion, annexé une salle du Temple de la rue Pargaminières (juste à coté de chez moi à ce moment là). J'y étais allé à cause de Kerouac... Un parterre d'étudiants était déjà sur place et je me souviens très bien que je dénotais pas mal avec mes cheveux graissés et mes Chippewas... Ginsberg est arrivé, tout sourire, sans sommation à commencé à eructer ses poésies Beat en sautillant et postillonant sur les étudiants assis, bien évidemment, en tailleur. Je me surpris en train de battre le beat de sa lecture avec mon pied (il s'accompagnait d'un tambourin). Ce fut grandiose, j'achetais par la suite tous les livres de Ginsberg. Ce passage de Kaddish, livre écrit pour sa mère, m'a toujours bouleversé par son humanité... C'est un des textes les plus beaux qu'il m'est été donné de lire...

 

Ginsberg a rencontrè the Clash dans les années 80 et s'est liè d'amitié avec Joe Strummer, Joe étant plutôt très receptif à la littérature Beat. Il était aussi et surtout admiratif et influencé par Bob Dylan, avec qui Ginsberg avait travaillé. Cette influence était plutôt difficile à avouer dans la tempête punk de '76 - '77 mais pas en 1981... Cette rencontre a donner naissance sur scène a la reprise de Capital Air  (ce titre est à l'origine un poéme que l'on peut trouver sur le disque de Ginsberg holly soul jelly roll)  un brulôt adréssé au gouvernement US de l'époque (et plus directement à Reagan) qui n'arrangea pas les affaires de Ginsberg ni sa cote de popularité auprés des autorités Américaine ! Mais ce dernier était coutumier du fait depuis Howl, le livre -son chef d'oeuvre- par qui le scandale arriva, et continua toute sa vie à défier l'administration politique US. On peut trouver Capital Air avec the Clash en backing band sur le LP The Clash Rarities 1976 - 1984 (DSS LP OO1). Un grand moment de Rock'n'roll... live at bond's NYC 1981. Joe introduit alors Allen Ginsberg sur scène en le nomant "président Ginsberg"... Ginsberg participe également à l'enregistrement de Combat rock  et déclame un poéme sur Ghetto defendant entrecoupé du chant de Joe.

 

What else can a poor worker do?

 

Allen Ginsberg avait aussi à cette époque un projet d'enregistrer un disque de Blues avec John Hammond. Mais ceci est une autre histoire...

02.05.2010

Les Coronados

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Les Coronados. Ou les Coros. Un groupe de lycée, parmis tant d'autres. Baptisé les 1eres heures "Cathy et les twistitis" ou "les Javélisés". Formé à Limoges pendant leur scolarité, un groupe détaché, baroque et tellement Rock'n'roll ! Avec une classe insolente, comme les Dogs.

 

Les Coronados, c'est surtout un son, un chant et un jeu de guitare unique, minimaliste. A tel point que l'on entend plus que ça. A la limite d'une géniale paresse, le chant et la guitare sont nonchalants et désabusés, une approche sensible du Rock'n'roll. Je n'ai rien entendu de mieux depuis, heu... un lustre...

 

Repartis pour Paris au début des années 80, ils jouent rapidement au Rose Bonbon, au Gibus, et commencent à se faire une solide réputation grâce à des concerts plutôt sauvages où les rockers de 1981 ne se faisaient pas prier pour extérioriser leur gratitude. Trés vite ils sortent un 45 trs EP autoproduit appelé sobrement "les Coronados". Quatre titres fougeux. Une reprise d'Alex Chilton. Déjà. Un deuxième 45 trs EP "voix blanche et idées noires" sort l'année suivante chez Celluloid. Quatre titres également et reprennent cette fois Beefheart. Ces deux disques sont des oeuvres majeures du Rock'n'roll, et je pèse mes mots. Lorsque j'étais à Londres, Bal (Sting-rays) ne jurait que par eux.

 

Dillip (génial batteur) remplace Berco (qui rejoindra les Pasadenas). Les Coronados deviennent un trio. Cette formation est superbe. La classe augmente d'un cran. Le chant de Bernard Lepesant est toujours en français et la nonchalance s'est accentuée, la section rythmique est superbe d'efficacité et l'élégance est entière. Une grâce innée. Yves Calvi est un bassiste redoutable et le mot dandysme semble avoir été inventé pour eux. Ils enregistrent un LP "n'importe quoi... mais pas n'importe comment" puis un second "un lustre" deux albums superbes, puis s'eteignent naturellement face à l'indifférence générale, la majorité leur préférant les lourdaux Bérurier Noir. Si les Beatles ont tués Gene Vincent, les tacherons alternatifs français (Béru et autres de la même mouvance) ont flingués cette élégance rock'n'roll qu'étaient les Coronados. Racés, sauvages, uniques. 

 

"C'est a vous dégouter d'être tendre".

 

Discographie

Les Coronados (EP autoproduit, 1982)

Voix blanches et idées noires (EP Celluloid, 1983)

N'importe quoi... mais pas n'importe comment (LP Romance, 1984)

Un lustre (LP Musidisc, 1989)

A noter, un flexi dans le n° 22 de Nineteen de mars 1987

Nombreuses participations à diverses compilations dont la plus célèbre est peut être Snapshot's en 1983.

 

02.01.2010

King of the surf guitar : Marc Police.

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"King of the surf guitar", c'est ce qu'il y avait de marqué sur le mur, juste à coté de la porte de son appartement parisien. Du moins c'est ce que prétend la légende.

 

Pourquoi revenir, maintenant, en 2010, dix neuf ans après sa mort, sur ce Rocker exemplaire ? Tout simplement parce que je pense souvent à lui et que nos routes se sont croisées à plusieurs reprises. Une sorte d'hommage donc. Plutôt un remerciement, mon humble façon de payer ma dette.

 

Ma première rencontre remonte à 1981 et à ce festival de Lectoure où j'étais venu voir je ne sais plus qui, mais où je fut intrigué par cette affiche des Jezebel Rock, groupe qui avait une sérieuse réputation et dont je n'avais pas l'intention de manquer le passage. Et puis ils étaient sur le label de Jacky Chalard (Big Beat) ce qui ne faisait que m'intriguer d'avantage, mes goûts et mon intérêt certain pour le Rockabilly étant déjà bien prononcés. Donc j'assiste au gig de Jezebel Rock avec mes copains Punk qui me vannaient, et là, la claque ! Une présence impeccable, un look punkabilly (non voulu) du plus bel effet, et surtout ce guitariste, Marc Police, d'allure fragile et timide, avec sa superbe Mustang rouge, qui assénait ses staccatos les uns après les autres ! Tout y était, tout ce qui allait m'accompagner jusqu'à maintenant, ce Rock'n'roll venu de nulle part parce que l'on ne sait vraiment pas d'où il vient, n'est ce pas, et qui explosait une fois de plus ce soir là sur cette scène de province et qui me marquait de plein fouet. A vie.

Classicisme debridé, frime inapprochable et feedbacks incontrolés ! Electricité et danger. On y était !  Ça se passait devant mes yeux. Je leur doit beaucoup.

 

Je croisais par la suite Marc Police lorsque les Wampas, groupe dans lequel il officiait désormais, étaient en ville. Toujours avec plaisir. Puis j'ai fait avec Taxi Driver la première partie de son groupe, son chef d'oeuvre, les Pasadenas, à Toulouse, quelques mois avant sa disparition. Marc avait vécu dans la ville rose et était parti à Paris "pour réussir" sans aucune forme d'alternative. Il avait ce groupe en marge des Wampas, les Pasadenas donc, et c'était un foutu bon groupe ! Le concert de Toulouse était splendide et je peux vous affirmer que Marc savait qu'il tenait là quelque chose de prometteur, pour l'avoir vu après le gig dans les loges, dégoulinant de sueur, fatigué et avec ce sourire hébété, celui que l'on a quand on sait que l'on est bon...

 

Il y avait eu ce 45 trs EP "in the past few days", indispensable dans toutes bonnes collections de disques, puis le mini 33 trs intitulé sobrement "vol.2" tout aussi indispensable, une totale réussite, et l'album chez New Rose "les pasadena" (sans "s")...  Puis l'horrible nouvelle de sa mort en décembre 1991 un suicide à t'ont dit, dans un parc, au milieu de ses cd de Link Wray et de Dick Dale , suicide avec des relents de scientologie alimentés par la presse. D'autres parlent d'une rupture... J'ai voulu en discuter avec Didier Wampas lors de sa dernière venue à Toulouse, me disant que maintenant il y avait prescription, mais je me suis abstenu. Je ne regrette pas, de toute façon, je suis certain qu'il ne m'aurait rien dit...

 

"Je vais faire un disque et si ça rate, j'arrête tout"

 

Discographie :

Avec Jezebel Rock : "Rockabilly stress" (Big beat records BBR0019) 33 trs 25 cm

Les Pasadenas : "In the past few days..." (MC2 records MC2 001) 45 trs EP

Les Pasadenas : "Vol.2" (MC2 records MC2 002) Mini 33 trs 5 titres

Les Pasadenas : "Les Pasadena" (New Rose 255) CD

Marc Police les Pasadenas "The last date" (Le silence de la rue) CD compilation posthume.

Marc Police "in the future few days" 45 trs hommage posthume.

Avec les Wampas : "Tutti Fruti", "Chauds, sales et humides" et "les Wampas vous aiment". L'album suivant "Simple et tendre" est dédié à Marc Police.

 

A noter aussi une très bonne interview de Marc Police dans Nineteen no 21.

 

 

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 English version assistance by Kelly Truesdale

 

"King of the surf guitar”, was marked there on the wall, beside the door of his Paris apartment. That's the legend.

 

Why look back, now in 2010, nineteen years after his death, on this underated Rocker ? Just because I often think of him. Also because our roads crossed on several occasions. A kind of homage. People need to know about this guy.

 

My first meeting goes back to 1981 at a festival in Lectoure (France) where I went to see a band I don't remember the name of, but where I was intrigued by a poster of Jezebel Rock, a band which had a solid reputation so I did not want to miss them. They were signed to the Jacky Chalard rockabilly label (Big Beat) and I was interested in that because my tastes and my love for Rockabilly was quite strong. I attended this gig with my punk buddies who laughed at me, but then... Wow !!! An incredible presence, their punkabilly look (natural) of the most beautiful effect, and especially the guitarist, Marc Police, fragile and shy, with his superb red Mustang guitar, which struck staccato passages one after an other ! Everything was there, all that was going to stay with me until now, this Rock'n'roll thing which came from nowhere. Nobody really knows where it comes from, do they and this explosive performance that night on stage marked me head on. For life.

 

So much class and unapproachable flamin' attitude, electricity and danger... All of that occurred in front of my eyes. I owe them so much !

 

I crossed paths with Marc Police when les Wampas, the group he was in next were in town. Always with pleasure. My band Taxi Driver opened for his new group, his chef d'oeuvre, les Pasadenas, in Toulouse, a few months before his death. Originaly from Paris, Marc was living in the pink city (Toulouse) and went back to live in Paris “to succeed” at any cost. He had Les Pasadenas along side of les Wampas, and it was an amazing unique group ! The Toulouse gig was a good one. I believe Marc knew he had a promising band there, to have seen him backstage after the gig, dripping of sweat, tired and with this stupefied smile, that one you have when you know you are somethin' else…

 

His EP “in the past few days”, is essential for all good record collections. Then the LP simply entitled “vol.2” quite essential too, a total success, and another album on New Rose Records “les Pasadena” (without the s)… The horrible news of his death in Paris, December 1991, a suicide they said. He was in a park lying, shot dead, in the middle of a circle of his cd's of Link Wray and Dick Dale, like a ritual. The press linked his suicide with scientology. Others speak about a crush which turned bad… I wanted to talk about that with Didier Wampas when he last visited Toulouse, since a long time has passed by now, but I didn't. I don't regret it, I am certain that he wouldn't have told me anything…

 

"I'm gonna make a record and if it sucks, I'll give it up"

 

Discography :

With Jezebel Rock : "Rockabilly stress" (Big beat records BBR0019)  10" lp

Les Pasadenas : "In the past few days..." (MC2 records MC2 001) EP

Les Pasadenas : "Vol.2" (MC2 records MC2 002) LP

Les Pasadenas : "Les Pasadena" (New Rose 255) CD

Marc Police les Pasadenas "The last date" (Le silence de la rue) CD.

Marc Police "in the future few days" EP.

With les Wampas : "Tutti Fruti", "Chauds, sales et humides" and "les Wampas vous aiment", all are LP's. The next album "Simple et tendre" was dedicated to Marc Police.

 

 


 

 

 

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