08.04.2012

Gilles Riberolles

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GILLES RIBEROLLES. Ce nom ne m'était pas inconnu. Revenaient alors à ma mémoire ses entretiens avec BLONDIE, JAMES BROWN, parus dans BEST dont il fut journaliste de 1978 à 1994. La réalisation, aussi en 1978, de la pochette de l'album "Stage" de DAVID BOWIE. Mais surtout les trois singles et l'album de CASINO MUSIC (1978 - 1981) produit par CHRIS STEIN, mixé par CHRIS BLACKWELL. Et puis l'age d'or du Rock and Roll à Paris, tous ces Roses Bonbons électriques, ces photos de jeunes gens aux looks ravageurs. L'histoire du Rock d'ici tournait une belle page, c'était annoncé, foutu. Mais personne encore ne le savait.

Une vie. Il enregistre et joue avec CHRIS WILSON et JOHN SINCLAIR, le Beat-Poet des MC5 et des WHITE PANTHERS, tourne deux films documentaires sur NEW ORLEANS et co-écrit une chanson (Panic of girls) pour le dernier album de BLONDIE.

En novembre 2010. J'assistais au concert parisien de JUMBO LAYER, le nouveau "combo" créé par GILLES en 2002, accompagné ce soir là d'un beatnik et de ses bongos, tout droit sortis d'un rève de Bunker Hill, ainsi que d'une danseuse-prétresse vaudou aux courbes aussi dangereuses que ce serpent damné et responsable dans le jardin d'Eden du péché originel. Le show fût époustouflant. Les loops instantanés et la pureté de JUMBO LAYER m'ont mis à genoux. Je pensais immédiatement à JOE STRUMMER sous influence définitive de LEE DORSEY et O.V. WRIGHT réunis. Pas de doute. Du Rock and Roll, racé. De nouveau. Enfin ! Soul Food from N.O.L.A. joué par un Dandy blanc. Comme Elvis en somme. Le Phénix avait donc du goût.

One Man Band classieux et terriblement dansant JUMBO LAYER a aussi le chic pour s'entourer d'invités irréprochables. Comme MICKEY BLOW, présent sur le nouvel et troisième album, "HUMAN GUMBO". Issu des légendaires STUNNERS et compagnon de scène de JOHNNY THUNDERS lorsque ce dernier avait élu domicile à Paris, MICKEY BLOW est l'église Soul dans le Rock'n'Roll. Cuir et ceinturon à tête de mort, couronné d'anges lorsqu'il souffle dans ses harmonicas. Parfait.

JUMBO LAYER est le serpent qui danse au bout d'un baton.

Le dernier album de Jumbo Layer "Human Gumbo" est disponible chez Bang Records www.bangrecords.net

 

22.05.2010

Kaddish : Allen Ginsberg

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"La clef est dans la fenêtre, la clef est au soleil à la fenêtre- j'ai la clef- Marie-toi Allen, ne prends pas de drogues- la clef est dans les barreaux, au soleil, à la fenêtre. Avec tout mon amour, ta mère"  qui est Naomi - (Allen Ginsberg -Kaddish)


Souvenir d'un soir de décembre 1990, Toulouse était sous la neige et Allen Ginsberg était en ville. Pour une lecture publique. Il avait, pour l'occasion, annexé une salle du Temple de la rue Pargaminières (juste à coté de chez moi à ce moment là). J'y étais allé à cause de Kerouac... Un parterre d'étudiants était déjà sur place et je me souviens très bien que je dénotais pas mal avec mes cheveux graissés et mes Chippewas... Ginsberg est arrivé, tout sourire, sans sommation à commencé à eructer ses poésies Beat en sautillant et postillonant sur les étudiants assis, bien évidemment, en tailleur. Je me surpris en train de battre le beat de sa lecture avec mon pied (il s'accompagnait d'un tambourin). Ce fut grandiose, j'achetais par la suite tous les livres de Ginsberg. Ce passage de Kaddish, livre écrit pour sa mère, m'a toujours bouleversé par son humanité... C'est un des textes les plus beaux qu'il m'est été donné de lire...

 

Ginsberg a rencontrè the Clash dans les années 80 et s'est liè d'amitié avec Joe Strummer, Joe étant plutôt très receptif à la littérature Beat. Il était aussi et surtout admiratif et influencé par Bob Dylan, avec qui Ginsberg avait travaillé. Cette influence était plutôt difficile à avouer dans la tempête punk de '76 - '77 mais pas en 1981... Cette rencontre a donner naissance sur scène a la reprise de Capital Air  (ce titre est à l'origine un poéme que l'on peut trouver sur le disque de Ginsberg holly soul jelly roll)  un brulôt adréssé au gouvernement US de l'époque (et plus directement à Reagan) qui n'arrangea pas les affaires de Ginsberg ni sa cote de popularité auprés des autorités Américaine ! Mais ce dernier était coutumier du fait depuis Howl, le livre -son chef d'oeuvre- par qui le scandale arriva, et continua toute sa vie à défier l'administration politique US. On peut trouver Capital Air avec the Clash en backing band sur le LP The Clash Rarities 1976 - 1984 (DSS LP OO1). Un grand moment de Rock'n'roll... live at bond's NYC 1981. Joe introduit alors Allen Ginsberg sur scène en le nomant "président Ginsberg"... Ginsberg participe également à l'enregistrement de Combat rock  et déclame un poéme sur Ghetto defendant entrecoupé du chant de Joe.

 

What else can a poor worker do?

 

Allen Ginsberg avait aussi à cette époque un projet d'enregistrer un disque de Blues avec John Hammond. Mais ceci est une autre histoire...

02.05.2010

Les Coronados

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Les Coronados. Ou les Coros. Un groupe de lycée, parmis tant d'autres. Baptisé les 1eres heures "Cathy et les twistitis" ou "les Javélisés". Formé à Limoges pendant leur scolarité, un groupe détaché, baroque et tellement Rock'n'roll ! Avec une classe insolente, comme les Dogs.

 

Les Coronados, c'est surtout un son, un chant et un jeu de guitare unique, minimaliste. A tel point que l'on entend plus que ça. A la limite d'une géniale paresse, le chant et la guitare sont nonchalants et désabusés, une approche sensible du Rock'n'roll. Je n'ai rien entendu de mieux depuis, heu... un lustre...

 

Repartis pour Paris au début des années 80, ils jouent rapidement au Rose Bonbon, au Gibus, et commencent à se faire une solide réputation grâce à des concerts plutôt sauvages où les rockers de 1981 ne se faisaient pas prier pour extérioriser leur gratitude. Trés vite ils sortent un 45 trs EP autoproduit appelé sobrement "les Coronados". Quatre titres fougeux. Une reprise d'Alex Chilton. Déjà. Un deuxième 45 trs EP "voix blanche et idées noires" sort l'année suivante chez Celluloid. Quatre titres également et reprennent cette fois Beefheart. Ces deux disques sont des oeuvres majeures du Rock'n'roll, et je pèse mes mots. Lorsque j'étais à Londres, Bal (Sting-rays) ne jurait que par eux.

 

Dillip (génial batteur) remplace Berco (qui rejoindra les Pasadenas). Les Coronados deviennent un trio. Cette formation est superbe. La classe augmente d'un cran. Le chant de Bernard Lepesant est toujours en français et la nonchalance s'est accentuée, la section rythmique est superbe d'efficacité et l'élégance est entière. Une grâce innée. Yves Calvi est un bassiste redoutable et le mot dandysme semble avoir été inventé pour eux. Ils enregistrent un LP "n'importe quoi... mais pas n'importe comment" puis un second "un lustre" deux albums superbes, puis s'eteignent naturellement face à l'indifférence générale, la majorité leur préférant les lourdaux Bérurier Noir. Si les Beatles ont tués Gene Vincent, les tacherons alternatifs français (Béru et autres de la même mouvance) ont flingués cette élégance rock'n'roll qu'étaient les Coronados. Racés, sauvages, uniques. 

 

"C'est a vous dégouter d'être tendre".

 

Discographie

Les Coronados (EP autoproduit, 1982)

Voix blanches et idées noires (EP Celluloid, 1983)

N'importe quoi... mais pas n'importe comment (LP Romance, 1984)

Un lustre (LP Musidisc, 1989)

A noter, un flexi dans le n° 22 de Nineteen de mars 1987

Nombreuses participations à diverses compilations dont la plus célèbre est peut être Snapshot's en 1983.